Entrepreneuse ou entrepreneure : quelle forme employer au féminin

Vous hésitez entre entrepreneuse et entrepreneure ? Bonne nouvelle : les deux se disent et se comprennent sans souci. La règle officielle penche pour entrepreneuse, seule forme inscrite au Larousse comme au Robert. Mais entrepreneure gagne du terrain dans le monde des affaires, porté par une question de sonorité et d’égalité. Voici de quoi choisir en toute sérénité, version classique ou version auto-entrepreneuse.

Entrepreneuse ou entrepreneure, laquelle choisir ?

La réponse courte tient en une phrase : si vous voulez la forme validée par les dictionnaires, écrivez entrepreneuse. Si vous préférez celle qui domine dans l’écosystème business, ce sera entrepreneure. Aucune des deux n’est fautive aux oreilles de votre lecteur et chacune raconte une histoire un peu différente.

Pour y voir clair d’un coup d’œil, voici ce qui distingue les deux formes.

Critère Entrepreneuse Entrepreneure
Dictionnaire (Larousse, Robert) Forme retenue Absente
Origine Règle grammaticale française Québec, années 1970
Sonorité Marquée au féminin Proche du masculin
Présence dans le business Plus rare à l’écrit Très répandue

Pourquoi le dictionnaire penche-t-il pour entrepreneuse ?

La logique vient de la grammaire française. Les noms de métier dont le masculin se termine en eur prennent un féminin en euse : un vendeur, une vendeuse ; un coiffeur, une coiffeuse. Entrepreneur suit la même mécanique et donne entrepreneuse. Les noms en teur basculent eux en trice, comme directrice ou animatrice, avec l’exception bien connue de chanteur qui devient chanteuse.

Le Robert de 1976 indiquait déjà entrepreneur, euse. La version 2023 du Larousse confirme la même entrée. Rien n’a bougé en presque cinquante ans : du point de vue du dictionnaire, entrepreneuse reste la forme attendue.

D’où vient le mot entrepreneure ?

Entrepreneure nous arrive tout droit du Québec, façonné dans les années 1970 en même temps qu’ingénieure ou professeure. L’idée de départ portait une vraie ambition : rapprocher le mot féminin du mot masculin pour gommer la différence et affirmer une égalité dans le monde des affaires. Cette même aspiration se mesure aujourd’hui dans les chiffres de l’entrepreneuriat porté par les femmes.

Beaucoup de créatrices d’entreprise revendiquent ce choix. « Quand je me dis entrepreneure, j’ai l’impression qu’on me traite comme mes homologues masculins », témoigne ainsi une fondatrice citée par Les Échos. La forme en eure passe aussi plus discrètement à l’oral. Certaines y voient enfin un moyen d’éviter une connotation jugée gênante, entrepreneuse étant parfois rapproché de mots comme entraîneuse. Les linguistes rappellent pourtant que ces doubles sens s’estompent avec l’usage : étudiante ou ambassadrice ont longtemps porté une charge équivoque avant de devenir parfaitement neutres.

Faut-il écrire auto-entrepreneuse ou auto-entrepreneure ?

Le préfixe ne change rien à l’affaire. La même règle s’applique : la forme grammaticale donne auto-entrepreneuse et l’Académie française retient bien autoentrepreneur, -euse. La variante auto-entrepreneure existe et circule, calquée sur entrepreneure.

Côté usage réel, les recherches sur Google racontent une histoire savoureuse. Entrepreneuse et auto-entrepreneuse rassemblent nettement plus de requêtes que leurs cousines en eure. La forme historique reste donc la plus tapée et la plus écrite, même si entrepreneure s’entend partout à l’oral dans la sphère entrepreneuriale. Petit rappel utile au passage : depuis 2016, auto-entrepreneur et micro-entrepreneur désignent exactement le même statut.

Comment trancher sans se tromper ?

Aucune des deux formes ne vous fera passer pour une débutante. Le bon réflexe consiste à choisir selon le contexte et à rester cohérente d’un bout à l’autre de votre texte. Et si jouer avec le vocabulaire des femmes qui entreprennent vous amuse, ce mot-valise venu de l’anglais en est une autre illustration. Quelques repères simples :

  • Document officiel, candidature, texte soigné : optez pour entrepreneuse, la forme du dictionnaire.
  • Bio LinkedIn, pitch, communication business : entrepreneure passe très bien et sonne dans l’air du temps.
  • Au sein d’un même texte : gardez une seule version, ne mélangez pas les deux.
  • En cas de doute absolu : entrepreneuse reste le choix le plus sûr face à un correcteur ou un puriste.

Le plus beau dans cette histoire ? La question se posera de moins en moins. Près de quatre créateurs d’entreprise individuelle sur dix sont aujourd’hui des femmes. Le jour où la parité sera atteinte, plus personne ne s’interrogera sur la bonne terminaison. En attendant, écrivez le mot qui vous ressemble et assumez-le pleinement.

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