Femmes salariées ou entrepreneuses : qui gagne le mieux sa vie en France ?

En France, une femme salariée du privé touche en moyenne 1 838 euros net par mois, tous temps de travail confondus, selon les derniers chiffres de l’Insee. Une entrepreneuse indépendante hors micro-entreprise atteint en moyenne 3 470 euros. Le statut change donc beaucoup la donne mais il change aussi l’ampleur de l’écart avec les hommes. Voici ce que disent les chiffres, secteur par secteur, pour une lectrice qui hésite entre salariat et vie d’indépendante.

Quel est le salaire moyen d’une femme salariée en France ?

Sur l’ensemble des salariées du privé, femmes à temps plein et à temps partiel confondues, le revenu salarial moyen atteint 1 838 euros net par mois en 2024, contre 2 352 euros pour les hommes. L’écart s’élève à 22 % en moyenne. Ramené à un temps plein strict, c’est-à-dire en neutralisant l’effet du temps partiel, l’écart retombe à 14 %, avec un salaire moyen de 2 600 euros pour les femmes contre 3 023 euros pour les hommes.

Le détail par catégorie professionnelle révèle de fortes disparités. Chez les cadres supérieures, l’écart grimpe à 15 %, alors qu’il tombe à seulement 2 % chez les employées, une catégorie largement féminine. Et lorsqu’une femme occupe le même poste qu’un homme dans la même entreprise, l’écart de salaire fond à 3,8 %. Le salariat encadré, avec ses grilles et ses négociations collectives, limite les écarts à poste identique.

Et du côté des entrepreneuses et indépendantes, quel revenu réel ?

Revenu mensuel moyen selon le statut (France, Insee)

Salariées, tous temps de travail1 838 € (écart -22 %)
Salariées, équivalent temps plein2 600 € (écart -14 %)
Non-salariées, avec micro-entreprise1 980 € (écart -27 %)
Indépendantes hors micro-entreprise3 470 € (écart -20 %)

Revenu net mensuel moyen par statut, écart avec les hommes entre parenthèses.

Les chiffres changent de visage chez les non-salariées. L’Insee distingue deux populations bien différentes. Si l’on inclut les micro-entrepreneuses, souvent à temps partiel et avec un chiffre d’affaires modeste, le revenu moyen des femmes non-salariées tombe à 1 980 euros par mois, un niveau proche du salariat.

En revanche, les indépendantes hors micro-entreprise (professions libérales, commerçantes, artisanes) gagnent en moyenne 3 470 euros net par mois, soit nettement plus que la moyenne des salariées. L’entrepreneuriat permet, pour une partie des femmes qui s’y consacrent à plein temps, d’atteindre des revenus supérieurs au salariat classique, comme en témoignent les parcours de plusieurs femmes cheffes d’entreprise en France. Le revers de la médaille : ces revenus se dispersent bien davantage et dépendent du secteur d’activité choisi.

Pourquoi l’écart femmes-hommes se creuse davantage hors salariat ?

Statut Revenu moyen femmes Écart femmes-hommes
Salariées (tous temps de travail) 1 838 €/mois -22 %
Salariées (équivalent temps plein) 2 600 €/mois -14 %
Non-salariées, ensemble (avec micro-entreprise) 1 980 €/mois -27 %
Non-salariées hors micro-entreprise 3 470 €/mois -20 %

L’écart entre indépendantes et indépendants dépasse celui observé chez les salariées et grimpe même à 31 % une fois neutralisées les différences de secteur, d’âge ou de taille d’entreprise. Sans grille salariale ni convention collective, chaque entrepreneuse fixe seule ses tarifs, négocie seule ses contrats et porte seule le risque de son activité. Cette absence de cadre collectif, protectrice côté liberté, joue en défaveur des femmes lorsqu’il s’agit de revenus.

Dans les professions de santé libérales, médecins et professionnelles paramédicales indépendantes gagnent en moyenne 46 % de moins que leurs homologues masculins, l’un des écarts les plus marqués de tout le marché du travail français.

Les secteurs où les entrepreneuses referment l’écart

Tous les secteurs ne se valent pas. L’industrie hors artisanat affiche un écart de 44 % en défaveur des femmes. La santé libérale grimpe à 46 %, deux secteurs où les hommes dominent encore les positions les mieux rémunérées.

À l’inverse, dans le commerce et l’artisanat commercial, l’écart reste présent mais moins marqué. Le signal le plus encourageant vient du bas de l’échelle des revenus non-salariés : chez les 10 % d’indépendantes les moins rémunérées, l’écart avec les hommes tombe à seulement 3 %. Une bonne partie des micro-entrepreneuses, actives dans les services aux particuliers, le commerce en ligne ou les activités de proximité, travaillent avec une quasi-parité de revenus, même si ces revenus restent modestes dans l’absolu.

Salariat ou entrepreneuriat, quel choix pour augmenter ses revenus ?

Le choix dépend moins du statut en lui-même que du secteur visé et du niveau de risque qu’une femme accepte de porter. Pour celles qui envisagent de franchir le pas, plusieurs aides à la création d’entreprise pour les femmes existent pour faciliter le démarrage. Quelques repères pour trancher :

  • Un secteur encadré par des conventions collectives (santé publique, fonction publique, grande entreprise) limite l’écart de salaire à poste équivalent
  • Les professions libérales et le conseil indépendant offrent un potentiel de revenu supérieur, à condition d’accepter l’irrégularité des rentrées d’argent
  • Les secteurs très masculins de l’indépendance (santé libérale, industrie) creusent l’écart homme-femme, même chez les meilleures professionnelles
  • Le micro-entrepreneuriat réduit l’écart de genre, au prix d’un revenu global plus faible
  • Négocier ses tarifs comme un homme négocierait les siens reste le levier le plus direct pour une indépendante, faute de grille salariale externe

Pour une salariée qui envisage de se mettre à son compte, la bascule se traduit souvent par un revenu supérieur, à condition de viser un secteur où la valeur du travail se négocie au mérite plutôt qu’au genre.

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