Femmes cheffes d’entreprise en France : parcours, chiffres et leviers pour entreprendre

Où en est l’entrepreneuriat féminin en France ?

Les femmes représentent aujourd’hui 33,5 % des créateurs d’entreprise en France, soit environ 210 000 structures fondées chaque année par des entrepreneures. Ce chiffre progresse mais la route reste longue. Seuls 14 % des dirigeants d’entreprises françaises sont des femmes, selon les données de Bpifrance. Dans les sociétés de plus de 1 000 salariés, la proportion tombe à 3,5 %.

Le plafond de verre se manifeste avec une netteté particulière quand la taille de l’entreprise augmente. Dans les structures sans salarié, 36 % des dirigeants sont des femmes. Ce taux chute à 21 % dans les entreprises de 5 à 19 salariés et reste autour de 19 % au-delà de 50 salariés. Les conseils d’administration des 120 plus grandes entreprises cotées affichent 46 % de femmes en 2020, grâce à la loi Copé-Zimmermann. Mais aux postes exécutifs, les hommes forment encore 86 % des PDG du SBF 120.

Un signal encourageant : 48 % des femmes expriment le souhait de créer leur entreprise, contre 40 % des hommes. Parmi leurs motivations, 54 % y voient un moyen d’améliorer leurs revenus et 45 % souhaitent donner plus de sens à leur activité professionnelle.

Les secteurs où les femmes s’imposent

Entrepreneuriat feminin en France

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des createurs sont des femmes
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structures creees par an
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des dirigeants de PME
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de dirigeantes dans la sante
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des femmes veulent creer (vs 40% hommes)
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Les femmes cheffes d'entreprise ne se répartissent pas de façon uniforme dans l'économie. Certains secteurs concentrent une forte présence féminine à la direction, tandis que d'autres restent très masculins.

Santé, commerce et services : des bastions féminins

Le secteur de la santé humaine et de l'action sociale arrive en tête : 75 % des postes de direction y sont occupés par des femmes. L'immobilier suit avec 34 % de dirigeantes, puis l'hébergement et la restauration avec 30 %. Les médecins et infirmières libérales, les coiffeuses, les petites commerçantes forment le socle de cet entrepreneuriat féminin.

À l'inverse, l'industrie ne compte que 13 % de femmes dirigeantes et la construction 7 %. La banque et l'assurance, bien que très féminisées à la base, ne comptent que 17 % de dirigeantes. L'information et la communication plafonnent à 14 %. Dans ces secteurs, les femmes restent souvent cantonnées à des postes subordonnés malgré leur nombre.

La tech affiche un retard marqué : en 2022, seulement 20 % des start-ups françaises comptaient au moins une femme fondatrice, en baisse de 4 points par rapport à l'année précédente. Le financement aggrave ce déséquilibre puisque 2 % des levées de fonds ont été attribuées à des entreprises fondées par des femmes.

Des parcours qui ouvrent la voie

Plusieurs entrepreneures françaises ont bâti des entreprises qui pèsent dans leur secteur. Leurs trajectoires montrent que la création reste le premier levier d'accès au pouvoir économique pour les femmes.

Céline Lazorthes a fondé Leetchi, la plateforme de cagnottes en ligne qui a popularisé la collecte collaborative. Elle a ensuite cofondé Résilience, une entreprise de télésurveillance médicale contre le cancer. Lucie Basch, ingénieure de formation, a cofondé Too Good To Go, l'application anti-gaspillage alimentaire qui connecte commerçants et consommateurs autour des invendus. Ces parcours rejoignent ceux d'autres femmes cheffes d'entreprise à suivre qui bousculent les codes dans leurs secteurs respectifs.

Julie Chapon a changé les habitudes de consommation françaises avec Yuka, l'application qui scanne et note les produits alimentaires et cosmétiques. Catherine Barba, pionnière du e-commerce, a fondé plusieurs entreprises dans le digital avant de devenir investisseuse et d'accompagner la nouvelle génération. Justine Hutteau a lancé Respire, la marque de cosmétiques naturels née d'un combat personnel lié à la santé, devenue un symbole de consommation responsable.

Anne-Sophie Pic reste la seule femme cheffe en France à détenir trois étoiles au Guide Michelin, preuve que la persévérance et l'exigence finissent par forcer les portes des univers les plus fermés.

Un point commun relie ces parcours : ces femmes ont créé ou repris leur structure plutôt que de gravir les échelons en interne. Selon KPMG, 22 % des femmes dirigeantes accèdent à leur poste par transmission familiale, contre 16 % des hommes. La succession ouvre aussi des portes dans les secteurs dits masculins comme l'industrie et le BTP.

Les leviers pour accélérer la parité

Plusieurs dispositifs existent pour soutenir les femmes qui entreprennent. La Garantie ÉGALITÉ femmes, gérée par France Active, couvre jusqu'à 80 % d'un emprunt bancaire dans la limite de 50 000 euros. Ce prêt, d'une durée maximale de sept ans, finance les investissements et le besoin en fonds de roulement des créatrices et repreneuses. Pour un panorama complet, consultez les aides à la création d'entreprise pour les femmes disponibles en 2026.

Des réseaux d'accompagnement spécialisés complètent ces aides financières. Le programme Wom'energy du Réseau Entreprendre propose mentorat et formation. L'incubateur Les Premières se consacre aux femmes porteuses de projets. L'association FCE France, fondée en 1945, fédère plus de 2 500 femmes chefs d'entreprise à travers 65 délégations locales sur tout le territoire.

L'éducation joue aussi un rôle déterminant. Les choix d'orientation scolaire et professionnelle des femmes influencent leur accès à la direction. À diplôme équivalent, les femmes optent plus souvent pour la fonction publique. Intégrer l'entrepreneuriat dans les cursus scolaires et mettre en avant des modèles féminins concrets permettrait de déconstruire les stéréotypes qui freinent les vocations.

Le mouvement est enclenché et les chiffres le confirment : la part des femmes créatrices d'entreprise a gagné 1,2 point entre 2021 et 2022. Les nouvelles générations d'entrepreneures investissent la tech, la finance responsable et la consommation durable avec une ambition qui redessine le visage de l'économie française.

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