Elles dirigent des groupes du CAC 40, fondent des startups à succès ou transforment des secteurs entiers. Les femmes chefs d’entreprise connues en France ne manquent pas, même si elles restent encore trop rares aux plus hauts postes. Voici les profils qui comptent et ce que leurs trajectoires racontent du leadership féminin en 2026.
Des dirigeantes à la tête des plus grandes entreprises françaises
Le CAC 40 compte aujourd’hui une poignée de femmes PDG. Leurs parcours, souvent bâtis sur des décennies dans l’industrie, témoignent d’une persévérance hors norme.
Catherine MacGregor, la patronne d’Engie
Ingénieure de formation, Catherine MacGregor a pris les rênes d’Engie en 2021. Elle est la première femme à diriger un leader mondial de l’énergie. Forte de plus de vingt ans d’expérience chez Technip, elle pilote la transition du groupe vers les énergies renouvelables : éolien, solaire, hydrogène vert. Son ambition affichée : réduire les émissions de CO2 d’Engie d’ici 2030.
Christel Heydemann, première femme aux commandes d’Orange
Polytechnicienne passée par Alcatel-Lucent et Schneider Electric, Christel Heydemann dirige Orange depuis 2022. Elle porte une stratégie de modernisation des infrastructures numériques combinée à des engagements forts en matière de durabilité. Son profil d’ingénieure dans un secteur très masculin en fait une figure particulièrement suivie par les jeunes femmes en école de commerce ou d’ingénieurs.
Sophie Bellon, pionnière du CAC 40 chez Sodexo
Sophie Bellon a d’abord construit sa carrière en dehors de l’entreprise familiale avant d’en prendre la présidence en 2016. Elle est la première femme à présider une société du CAC 40. Sous sa direction, Sodexo affiche 37 % de femmes dans les postes de responsabilité et figure régulièrement parmi les employeurs les plus engagés pour l’égalité professionnelle.
Entrepreneures et fondatrices qui ont bousculé les codes
Les grandes entreprises n’ont pas le monopole du leadership féminin. Plusieurs entrepreneures françaises ont créé des marques devenues incontournables.
Céline Lazorthes a fondé Leetchi, la plateforme de cagnotte en ligne utilisée par des millions de Français. Pionnière de la fintech française, elle a revendu sa société au Crédit Mutuel Arkéa avant de se lancer dans de nouveaux projets.
Lucie Basch a cofondé Too Good To Go, l’application anti-gaspillage alimentaire présente dans 17 pays. Partie d’un constat simple (un tiers de la nourriture produite dans le monde est jetée), elle a bâti une entreprise à impact qui séduit autant les consommateurs que les investisseurs.
Julie Chapon a cocréé Yuka, l’application qui scanne les produits alimentaires et cosmétiques pour évaluer leur qualité. Avec plus de 30 millions d’utilisateurs, Yuka a poussé des industriels à reformuler leurs recettes.
Mercedes Erra, cofondatrice de l’agence BETC et figure de la publicité française, dirige Havas Worldwide. Son énergie et sa vision créative ont fait d’elle l’une des femmes les plus influentes du secteur de la communication en Europe.
Pauline Laigneau a fondé la maison de joaillerie Gemmyo et fait travailler plus de 150 artisans français. Connue aussi pour son podcast Le Gratin, elle partage les coulisses de l’entrepreneuriat avec une franchise qui lui vaut une large communauté.
Où en est la place des femmes à la direction en France ?

En 2023, 26 % des entreprises françaises étaient dirigées par des femmes, selon l’Observatoire Skema. Ce chiffre progresse (il était de 20 % en 2018) mais reste modeste. Dans le CAC 40, on ne compte que quatre femmes PDG. Pour aller plus loin, consultez notre panorama des chiffres clés de l’entrepreneuriat féminin.
La loi Copé-Zimmermann, adoptée en 2011, a imposé 40 % de femmes dans les conseils d’administration des grandes entreprises. Résultat : la part des femmes dans les conseils du CAC 40 est passée de 10 % en 2010 à 45 % en 2023. Les postes de contrôle se féminisent, les postes exécutifs beaucoup moins.
L’accès aux financements reste un frein majeur. Moins de 20 % des investissements privés vont à des entreprises dirigées par des femmes. Des initiatives comme Femmes Business Angels ou les programmes de Bpifrance tentent de rééquilibrer la balance, avec des résultats encourageants mais encore insuffisants.
Comment ces parcours inspirent une nouvelle génération ?
Chaque nom cité dans cet article représente un signal envoyé aux femmes qui hésitent à entreprendre ou à viser un poste de direction. Les réseaux comme FCE France (Femmes Chefs d’Entreprises) ou Les Premières accompagnent les porteuses de projets avec du mentorat, des formations et un accès à des cercles d’affaires. Plusieurs clubs de femmes entrepreneurs se sont aussi structurés pour offrir un cadre d’entraide concret.
Le mentorat joue un rôle clé. Des programmes comme Elles Bougent connectent étudiantes et dirigeantes confirmées dans la tech, l’ingénierie ou l’industrie. Force Femmes accompagne les femmes de plus de 45 ans qui se lancent dans l’entrepreneuriat.
Le leadership féminin n’est plus une exception : il devient un modèle alternatif qui enrichit la gouvernance des entreprises. Les études le confirment, les entreprises aux équipes dirigeantes diversifiées affichent en moyenne 25 % de performance financière supérieure. Les parcours de ces femmes chefs d’entreprise connues ne sont pas que des histoires inspirantes : ce sont des preuves concrètes que le monde des affaires gagne à s’ouvrir.







