Perdre son emploi ne signifie pas perdre ses ambitions. Chaque année, des milliers de femmes profitent de cette période de transition pour lancer leur propre activité. Entre les dispositifs de France Travail et les aides réservées aux entrepreneures, les leviers financiers existent. Reste à savoir lesquels activer et dans quel ordre.
Les aides France Travail pour créer au chômage
Avant de chercher les dispositifs spécifiques aux femmes, commencez par les aides accessibles à tous les demandeurs d’emploi. Elles constituent le socle financier de votre projet.
L’ACRE : alléger ses charges au démarrage
L’Aide aux Créateurs et Repreneurs d’Entreprise offre une exonération partielle de cotisations sociales pendant les douze premiers mois d’activité. Pour en bénéficier, il faut être inscrite à France Travail et déposer la demande auprès de l’Urssaf dans les 60 jours suivant la création. Cette exonération réduit vos charges de près de 50 %, ce qui libère de la trésorerie dans la phase la plus fragile du projet.
L’ARCE : recevoir un capital de départ
L’Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise permet de toucher 60 % de vos droits au chômage restants sous forme de capital, versé en deux fois. Le premier versement arrive au moment de la création, le second six mois plus tard. Cette option convient aux projets qui nécessitent un apport immédiat : achat de matériel, stock initial ou aménagement d’un local. Attention, choisir l’ARCE implique de renoncer au maintien mensuel de l’ARE.
Le maintien de l’ARE : garder un revenu mensuel
Si vous préférez la sécurité d’un revenu régulier, le maintien de l’Allocation de Retour à l’Emploi reste la meilleure option. Vous continuez à percevoir vos indemnités chaque mois, déduction faite de vos revenus d’activité. En micro-entreprise, tant que vous ne facturez rien, vos allocations sont versées à 100 %. Ce filet de sécurité permet de tester votre idée sans pression financière immédiate.
Les aides financières réservées aux femmes
Aides disponibles pour creer votre entreprise
Plusieurs dispositifs ciblent spécifiquement les créatrices et repreneuses d’entreprise. Ils viennent compléter les aides France Travail pour renforcer votre plan de financement.
La Garantie Égalité Femmes, portée par France Active, facilite l’accès au crédit bancaire en couvrant jusqu’à 80 % d’un emprunt, dans la limite de 50 000 euros. Concrètement, si votre banque hésite à vous prêter faute de garanties suffisantes, ce dispositif la rassure. Le prêt couvert peut financer des investissements ou du besoin en fonds de roulement, sur une durée maximale de sept ans.
Le prêt d’honneur Initiative France fonctionne sans garantie personnelle et sans intérêts. Son montant moyen tourne autour de 10 000 euros. Il vient gonfler vos fonds propres et crée un effet de levier auprès des banques : pour chaque euro de prêt d’honneur, les établissements prêtent en moyenne sept euros supplémentaires.
Le programme Wom’energy du Réseau Entreprendre propose un accompagnement par des cheffes d’entreprise expérimentées, couplé à un prêt d’honneur allant de 15 000 à 50 000 euros. Ce programme s’adresse aux projets à fort potentiel de création d’emplois. D’autres dispositifs existent selon votre profil : découvrez notre tour d’horizon des aides à la création d’entreprise pour les femmes.
Si vous êtes mère et demandeuse d’emploi, pensez aussi à l’Aide à la Garde d’Enfants (AGE) de France Travail. Elle prend en charge une partie des frais de garde pour les enfants de moins de 10 ans, un coup de pouce concret pour dégager du temps sur votre projet.
Se faire accompagner pour réussir

Selon Bpifrance, 85 % des créatrices accompagnées sont encore en activité trois ans après le lancement. Ce chiffre parle de lui-même. L’accompagnement ne garantit pas le succès, mais il multiplie vos chances de façon mesurable.
Côté réseaux dédiés aux femmes, Action’elles propose du mentorat et des formations. Force Femmes cible les créatrices de plus de 45 ans avec des ateliers pratiques. Les incubateurs comme Willa ou Les Audacieuses offrent un cadre structurant avec hébergement, coaching et mise en relation avec des investisseurs.
Les CCI et les Chambres de métiers restent des portes d’entrée accessibles partout en France. Elles proposent des diagnostics gratuits, des ateliers collectifs et des formations courtes sur le business plan, le choix du statut ou la stratégie commerciale. Les plans d’action régionaux pour l’entrepreneuriat féminin (PAR) déploient aussi des ressources locales : renseignez-vous auprès de votre mairie ou de votre conseil régional.
Quel statut choisir pour se lancer ?
La micro-entreprise reste le choix le plus fréquent pour les demandeuses d’emploi. L’inscription se fait en ligne en quelques minutes. Les cotisations sociales sont proportionnelles au chiffre d’affaires : pas de revenus, pas de charges. Ce statut se combine parfaitement avec le maintien de l’ARE ou le RSA.
Pour les projets plus ambitieux qui prévoient des investissements lourds ou l’embauche rapide de salariés, la SASU ou l’EURL apportent un cadre juridique plus protecteur. La SASU permet notamment de se verser un salaire en tant que présidente et de bénéficier du régime général de la Sécurité sociale.
Le bon réflexe : choisir un statut adapté à votre situation actuelle, pas à celle que vous imaginez dans trois ans. Rien n’empêche de démarrer en micro-entreprise et de basculer vers une société quand l’activité décolle. Cette approche progressive limite les risques et vous laisse le temps de valider votre modèle économique avant de vous engager dans une structure plus complexe.






