Un réseau né en 2014 pour briser l’isolement des entrepreneures
Lancer son activité seule dans son coin, sans retour ni soutien : beaucoup de femmes entrepreneures connaissent cette réalité. C’est pour y répondre que Marie Eloy a fondé Femmes de Bretagne en 2014. Le constat de départ était simple : les créatrices d’entreprise manquaient de lieux d’échange adaptés à leurs parcours et à leurs problématiques. Il fallait un espace de solidarité ancré dans les territoires bretons.
Depuis sa création, l’association a grandi bien au-delà de ses bases rennaises. Elle couvre aujourd’hui la Bretagne et la Loire-Atlantique, avec 49 coordinations locales animées par des bénévoles. Son ambition reste la même : mettre en lien les femmes pour soutenir la création, la reprise et le développement d’entreprises. Porteuses de projet, entrepreneures confirmées, étudiantes ou salariées en reconversion y trouvent leur place. D’autres réseaux d’entrepreneuriat féminin en Bretagne complètent cette dynamique régionale.
Le mot qui revient le plus chez les adhérentes ? « Ensemble ». Elena Maneru Izcue, ancienne présidente, le résumait ainsi : « Quand je pense entrepreneuriat, c’est le mot ensemble qui me vient à l’esprit. » Cette philosophie d’entraide imprègne chaque action du réseau.
Ce que Femmes de Bretagne propose à ses adhérentes

Ateliers et rencontres sur tout le territoire
Chaque mois, entre 40 et 50 événements sont organisés dans les villes bretonnes. Rencontres informelles pour échanger entre paires, ateliers thématiques pour monter en compétences, petits-déjeuners networking : les formats varient pour s’adapter aux emplois du temps souvent chargés des entrepreneures.
Les sujets abordés couvrent un large spectre : préparation d’un rendez-vous bancaire, gestion comptable, pitch commercial, stratégie digitale. L’association organise aussi des webinaires accessibles partout, pour les adhérentes qui ne peuvent pas se déplacer. En 2020, lors du confinement, 200 ateliers en ligne ont été mis en place pour maintenir le lien et accompagner les entrepreneures face à la crise.
Au total, le réseau comptabilise plus de 800 événements organisés depuis ses débuts, preuve d’un dynamisme que peu de réseaux régionaux peuvent afficher.
Marrainage et montée en compétences
Au-delà des rencontres ponctuelles, Femmes de Bretagne propose un programme de marrainage qui met en relation des entrepreneures expérimentées avec des porteuses de projet. Ce partage d’expérience constitue un levier puissant pour gagner en confiance et éviter certaines erreurs de débutante.
L’association valorise aussi les parcours inspirants à travers des portraits publiés chaque semaine sur son site. Ces témoignages de femmes aux profils variés servent de modèles et aident à casser les stéréotypes qui freinent encore la création d’entreprise au féminin. Le Prix Éco-Visionnaires, lancé par le réseau, récompense les initiatives qui allient performance économique et développement durable.
Pour les coordinatrices bénévoles, une formation à l’intelligence collective a été mise en place afin de renforcer l’animation locale. Cette montée en compétences en interne garantit la qualité des événements sur chaque territoire.
L’entrepreneuriat féminin en Bretagne en chiffres
Les données parlent d’elles-mêmes et justifient l’existence d’un réseau comme Femmes de Bretagne. En France, environ 40 % des créateurs d’entreprises individuelles sont des femmes. Le chiffre tombe à 30 % si l’on considère toutes les formes juridiques (SARL, SAS, EURL…).
Les entrepreneures peinent à aller chercher des financements extérieurs et préfèrent se lancer sur fonds propres. Un frein que l’association tente de lever par ses ateliers dédiés aux questions financières. Le paradoxe reste frappant : les entreprises dirigées par des femmes affichent un excédent brut d’exploitation moyen de 8,4 %, contre 6,4 % pour celles dirigées par des hommes. Leur chiffre d’affaires progresse aussi plus vite (+5,5 % en moyenne contre +4,8 %). Plusieurs aides à la création d’entreprise pour les femmes viennent aussi soutenir celles qui se lancent.
Avec 1600 adhérentes réparties sur 5 départements et 49 coordinations, Femmes de Bretagne figure parmi les plus grands réseaux professionnels féminins régionaux de France. Marie Eloy, sa fondatrice, a depuis étendu le modèle avec Femmes des Territoires (hors Bretagne) et Bouge Ta Boîte, un réseau business féminin national.
Comment rejoindre Femmes de Bretagne ?
L’adhésion se fait en ligne sur le site femmesdebretagne.fr. Trois statuts existent : entrepreneure, porteuse de projet ou « breton solidaire » (pour les hommes et femmes qui souhaitent soutenir la cause sans être eux-mêmes entrepreneurs). La cotisation annuelle est fixée à 45 euros.
Une fois inscrites, les membres accèdent à l’agenda des événements locaux (un ou deux par mois selon les coordinations), à la newsletter et aux portraits de femmes inspirantes. L’association recommande de participer à une réunion d’information gratuite et sans engagement pour se faire une idée avant d’adhérer.
Pour les femmes en Bretagne ou en Loire-Atlantique qui hésitent à se lancer dans l’entrepreneuriat, rejoindre ce réseau représente un premier pas concret. Pas besoin d’avoir déjà créé sa boîte : les porteuses de projet en phase de réflexion y sont les bienvenues. L’entraide et la bienveillance du collectif font le reste.







