Ce qui reste pour les femmes entrepreneures en Bretagne après la fermeture de l’EAFB

Le 11 février 2025, l’association Entreprendre au Féminin Bretagne a cessé ses activités. Placée en liquidation judiciaire cinq jours plus tôt, l’EAFB a tiré le rideau après 17 ans de présence aux côtés des femmes qui voulaient créer ou reprendre une activité. Un vide s’est ouvert. L’écosystème régional ne s’est pas arrêté pour autant : d’autres réseaux, d’autres structures et d’autres énergies continuent de soutenir les entrepreneures bretonnes. Tour d’horizon de ce qui existe aujourd’hui.

L’EAFB, 17 ans au service des femmes qui osent

Fondée en 2008 dans le Finistère, Entreprendre au Féminin Bretagne a accompagné près de 10 000 femmes entrepreneures et contribué à la création de 1 050 entreprises par ses adhérentes. Un bilan solide, construit sur une conviction simple : les femmes qui entreprennent ont besoin d’un espace dédié pour se retrouver, progresser et oser. La liquidation judiciaire du 6 février 2025 a mis fin à cette aventure collective. L’association, qui ne parvenait plus à équilibrer son budget, a fermé sans successeur désigné.

Ce départ n’efface pas ce que l’EAFB a bâti. Il rappelle surtout qu’il faut connaître les alternatives actives sur le territoire.

Femmes de Bretagne : le réseau qui fait référence

Une femme entrepreneure assise à un bureau devant une fenêtre avec vue sur la mer, un ordinateur orné de motifs bretons et un léger sourire sous une lumière naturelle.

C’est le réseau le plus proche de l’ADN de l’EAFB. Femmes de Bretagne et de Loire-Atlantique rassemble aujourd’hui 1 520 adhérentes réparties dans 47 coordinations locales, couvrant les cinq départements : Côtes d’Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan et Loire-Atlantique. Des antennes sont actives à Brest, Rennes, Lorient, Vannes, Quimper et Saint-Brieuc.

L’association fonctionne sur trois piliers concrets :

  • Des ateliers thématiques pour développer des compétences (marketing, finance, outils numériques, pitch)
  • Des rencontres de réseau pour rompre l’isolement et créer des liens durables
  • Des webinaires et programmes de marrainage pour bénéficier d’expériences d’entrepreneures aguerries

Plus de 800 événements organisés sur le territoire, 47 coordinations actives : le réseau tient ses promesses à l’échelle régionale. Les valeurs portées ? Solidarité, accomplissement, égalité des chances. Une réunion d’information gratuite permet de poser ses questions avant de s’engager dans l’adhésion.

Les Audacieuses Femmes de Bretagne : l’angle sororité et empowerment

Les recherches autour de l’entrepreneuriat féminin breton font souvent remonter Les Audacieuses Femmes de Bretagne, un collectif axé sur la confiance en soi, l’audace et la sororité. L’approche diffère de Femmes de Bretagne : l’accent porte ici sur la prise de parole, le développement personnel et la mise en lumière des parcours inspirants.

Événements ponctuels, cercles d’échange, soirées thématiques : Les Audacieuses créent des espaces pour aller plus loin dans son projet ou sa carrière. Ce réseau fonctionne bien en complément d’un ancrage plus structuré comme Femmes de Bretagne. Pour celles qui cherchent à la fois des compétences et un élan motivationnel, combiner les deux a du sens.

Les dispositifs d’accompagnement à ne pas négliger

Au-delà des réseaux de femmes, la Bretagne dispose d’un tissu d’accompagnement généraliste que les entrepreneures gagnent à connaître.

BGE Bretagne propose des parcours pour structurer un projet de création ou de reprise : étude de marché, business plan, financement. Présente dans chaque département, BGE accompagne aussi bien les débutantes que celles qui souhaitent fiabiliser leur modèle économique.

Réseau Entreprendre Bretagne s’adresse aux projets à potentiel de création d’emplois. L’accompagnement passe par un mentorat assuré par des chefs d’entreprise expérimentés, sur environ deux ans. Un prêt d’honneur vient compléter le financement. L’accès se fait par candidature et sélection.

France Active Bretagne intervient sur le volet financement : garanties bancaires, prêts solidaires, accompagnement des projets à impact social ou environnemental. Utile quand le dossier bancaire classique ne suffit pas. Les aides à la création d’entreprise pour les femmes à l’échelon national viennent souvent en complément de ces dispositifs régionaux.

Les CCI et CMA bretonnes organisent des clubs d’entreprises, des ateliers sectoriels et des événements qui permettent de s’intégrer au tissu économique local. Les journées dédiées à l’entrepreneuriat féminin y ont leur place.

La bonne stratégie : rejoindre un réseau féminin dédié, puis compléter avec un dispositif adapté à son stade de projet.

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