Blogueuse et entrepreneuse : ces Françaises qui font les deux avec talent

On les a vues partager leurs looks, leurs recettes santé ou leurs coups de cœur voyage. Et puis un jour, elles ont franchi le pas. Blogueuse et entrepreneuse à la fois, c’est devenu un modèle à part entière en France. Derrière ces trajectoires inspirantes se cachent des communautés fidèles, des stratégies bien rodées et une bonne dose de ténacité. Voici ce qu’il faut savoir sur ces femmes qui créent, entreprennent et inspirent chaque jour.

L’audience, leur meilleur actif pour démarrer ?

Avant même de déposer leurs statuts, ces femmes avaient quelque chose que la plupart des créatrices de marques cherchent pendant des mois : une audience qui leur fait confiance. Mathilde Lacombe, fondatrice de JolieBox puis de la marque de compléments alimentaires Aime, le résume ainsi : « Sans ma communauté, je n’aurais pas pu lancer ces deux marques. Je ne suis pas partie de zéro, j’avais une audience fidèle et attentive. »

Ce point de départ transforme la façon de valider un projet. Là où une start-up classique investit dans des études de marché, ces blogueuses-entrepreneuses misent sur le marketing participatif. Louise Aubery, alias @mybetterself, a diffusé un sondage sur sa chaîne YouTube avant de créer sa marque de lingerie inclusive Je ne sais quoi : en deux heures, elle recueillait plus de 2 000 réponses. Justine Hutteau, co-fondatrice de Respire, a impliqué ses abonnés à chaque étape de la conception de ses soins naturels. Résultat au lancement : 20 000 commandes en un mois de crowdfunding, alors que l’objectif initial était de 300 préventes.

Avoir une communauté ne garantit pas le succès, mais cela réduit le risque au démarrage de façon notable. Les abonnés deviennent bêta-testeurs, prescripteurs et premiers clients bien avant le lancement officiel. C’est une forme d’écoute active accumulée sur des années, avant même que le produit n’existe. Un capital de confiance que même les meilleures campagnes publicitaires peinent à construire aussi vite.

Les blogueuses entrepreneuses françaises à connaître

Celles qui ont bâti leur propre marque

Plusieurs profils illustrent bien ce phénomène en France :

  • Caroline Receveur : 3,6 millions d’abonnés Instagram, fondatrice de Wandertea (thé détox, 2014) puis de RECC Paris (prêt-à-porter). Première femme en couverture de Forbes France en 2019.
  • Mathilde Lacombe : blogueuse beauté devenue serial-entrepreneuse, fondatrice de JolieBox (rachetée par Birchbox en 2013) puis d’Aime, marque de compléments alimentaires.
  • Marie Lopez (EnjoyPhoenix) : youtubeuse avec 4,8 millions d’abonnés Instagram et fondatrice de Leaves & Clouds, boutique en ligne de produits éco-responsables et Made in France.
  • Justine Hutteau : co-fondatrice de Respire, gamme de soins naturels co-construite avec sa communauté dès les premières ébauches produits.
  • Louise Aubery : créatrice de contenu engagé et fondatrice de Je ne sais quoi, marque de lingerie inclusive pensée avec ses abonnées.
  • Laury Thilleman : fondatrice de Parisienne et Alors, prêt-à-porter féminin éco-responsable.

Dans tous ces cas, la cohérence entre le contenu créé et la marque lancée est le fil conducteur. La blogueuse (ou femtrepreneur selon le terme qui s’est imposé) n’abandonne pas son univers : elle l’étend et le monétise autrement, en proposant un produit qui prolonge ce qu’elle défend depuis le début.

Des voix à suivre pour progresser

D’autres créatrices se sont spécialisées dans la transmission :

  • Pauline Laigneau, fondatrice de Gemmyo (bijoux), anime le podcast Le Gratin qui décortique les coulisses d’entrepreneurs avec une franchise rare.
  • Caroline Mignaux (Reachmaker) : experte en growth marketing, elle partage des stratégies concrètes pour développer sa visibilité et sa croissance.
  • Fatima Ait Ben Moussa, animatrice du podcast Inspirons le féminin, qui met en lumière des femmes entrepreneures françaises de tous horizons.

Les écouter en continu, c’est s’exposer à des retours d’expérience honnêtes, à des erreurs assumées et à des méthodes testées en conditions réelles. Un avantage précieux quand on cherche à construire son propre chemin. Pour approfondir avec d’autres références audio, les 5 podcasts incontournables pour toute femtrepreneur offrent un tour d’horizon complet.

Les leçons concrètes de ces parcours

La notoriété ne fait pas tout. Megan Villiot, fondatrice de Cupkie (la première boutique de pâte à cookie parisienne), a mis deux ans entre l’idée et l’ouverture. Louise Aubery a dû naviguer entre retards de production, précommandes trop complexes et pivots de dernière minute. Laury Thilleman a choisi de s’entourer d’expertes en création de mode car ce n’était pas son cœur de métier de départ. Partout, les mêmes imprévus, les mêmes doutes.

Ce que ces trajectoires partagent, c’est que la communauté offre un élan précieux mais pas suffisant à lui seul. Le reste exige les mêmes qualités que toute entrepreneuse : adaptation, rigueur et capacité à tenir le cap quand rien ne se passe comme prévu. L’avantage spécifique de la blogueuse, c’est qu’elle maîtrise l’art de raconter une histoire et de construire de la confiance. Deux ressources qui valent de l’or quand il s’agit de convaincre ses premiers clients.

La vraie leçon de ces exemples ? Pas besoin d’atteindre des millions d’abonnés pour entreprendre. Ce qui compte, c’est d’avoir une audience engagée et attentive, même petite. C’est de là que naît l’élan qui transforme une idée en quelque chose de concret.

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