En 2023, dans le secteur privé, une femme perçoit en moyenne 1 778 € net par mois, soit 21 340 € par an. Les hommes, eux, touchent en moyenne 2 285 € mensuels. L’écart est de 22,2 % en défaveur des femmes. Un chiffre qui s’explique par plusieurs réalités cumulées et qui tend néanmoins à se réduire sur le long terme.
Pourquoi les femmes gagnent-elles moins que les hommes ?
L’Institut national de la statistique (INSEE) identifie deux facteurs structurels principaux qui expliquent la majeure partie de cet écart.
Le temps de travail, premier facteur
Les femmes travaillent en volume annuel environ 9,3 % de moins que les hommes. Elles sont plus souvent en emploi à temps partiel et connaissent davantage d’interruptions de carrière. Résultat : même à poste et durée identiques, l’écart de salaire net persiste à 14,2 %. Et lorsque l’on compare strictement le même emploi dans le même établissement, cet écart tombe à 3,8 %. Pas nul pour autant.
Des métiers et secteurs très différents
Les femmes se concentrent dans des secteurs historiquement moins rémunérateurs : secrétariat, soins à la personne, aide sociale. Ces métiers, souvent à forte dominante féminine, offrent des grilles salariales inférieures à celles des secteurs masculins comme la construction ou le transport. En 2023, les femmes représentent 42 % des postes salariés du privé mais seulement 24 % des 1 % des postes les mieux rémunérés. L’accès aux fonctions dirigeantes reste limité, même si la part des femmes cadres est passée de 23 % en 1995 à 38 % en 2023.
Les situations qui creusent encore l’écart
Certains profils féminins subissent des inégalités bien plus marquées que la moyenne.
L’âge joue un rôle non négligeable : à travail équivalent, l’écart entre femmes et hommes est de 4,3 % chez les moins de 25 ans, contre 24,9 % chez les plus de 60 ans. La maternité accentue cette trajectoire divergente.
- Les femmes sans enfant gagnent 13,8 % de moins que les hommes.
- Les mères de deux enfants voient cet écart grimper davantage.
- Les mères de trois enfants ou plus gagnent 40,9 % de moins que les hommes.
Pour les cheffes d’entreprise, la grossesse soulève aussi des questions pratiques souvent méconnues (indemnités, continuité d’activité, démarches administratives) que détaille le carnet maternité pour entrepreneuses.
La taille de l’entreprise compte aussi et de façon surprenante : l’écart est de 7,2 % dans les structures de moins de 10 salariés et monte à 17,3 % dans les très grandes entreprises. Plus l’organisation est vaste, plus les postes très rémunérateurs existent et plus ils sont occupés par des hommes.
L’écart salarial se réduit : à quelle vitesse ?

La bonne nouvelle existe. Entre 1995 et 2023, les inégalités de revenu salarial ont diminué d’un tiers. Depuis 2019, la baisse s’est accélérée à environ 1 % par an, portée par deux dynamiques : les femmes travaillent davantage à temps plein et accèdent à de meilleures rémunérations dans un contexte d’inégalités économiques, notamment grâce à la hausse de leur part dans les postes cadres.
Le chemin reste long mais la tendance est claire. À ce rythme, plusieurs décennies seront encore nécessaires pour atteindre une parité salariale réelle. Ce que les chiffres ne disent pas toujours, c’est que derrière les statistiques se cachent des choix souvent contraints : organisation familiale, secteurs d’orientation scolaire, normes sociales. Autant de leviers sur lesquels politiques publiques et entreprises peuvent agir dès maintenant.







